Bonjour à tous, bienvenue sur la page consacrée à la forêt nourricière de la Ferme du Plessis !

Pour débuter la série d’articles qui nous permettra de suivre les évolutions de ce jardin-forêt, voici un récapitulatif de ce qui s’y est passé depuis le début de sa plantation.

2013

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Plantation des arbres de l’étage supérieur au cours de la formation de 2013.

Durant le printemps 2013, au cours d’une formation de deux jours d’ « Initiation à la Conception de Forêts Nourricières », l’ensemble des arbres de l’étage supérieur (comestibles et légumineuses) ont été plantés, ainsi que les espèces comestibles de l’étage intermédiaire. En revanche, les légumineuses de l’étage intermédiaire n’ont été mises en place que sur une petite partie du jardin forêt, par manque de ressources financières et de temps.

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Plantation de l’étage inférieur sur la parcelle A.

Une petite partie de l’étage inférieur a été plantée (portion A) directement après un retournement du sol sur 15m² environ. Un maximum de chiendent a été déraciné au passage afin de ralentir son retour et ainsi de laisser de l’avance aux plants de l’étage inférieur. Le fait de retourner la terre était une solution de dernier recours, n’ayant pas anticipé suffisamment tôt le stage pour utiliser une autre méthode.

L’objectif de la composition très diversifiée de cet étage inférieur était d’étudier le comportement des plantes les unes vis-à-vis des autres (compétitions, entraides, envahissements…) et d’identifier celles qui semblent être les mieux adaptées au milieu (climat, type de sol, etc.). Du trèfle (incarnat et violet) a été semé entre les plantes pour éviter la prolifération du chiendent qui entourait la portion. Les plantes mises en place étant essentiellement pérennes, l’idée était de pouvoir les multiplier par bouturage pour les installer au cours des années suivantes.

Cartonnage de la parcelle B.

Cartonnage de la parcelle B.

Enfin, une surface de 25 m² (portion B) à côté de la portion A a été cartonnée et paillée pour la nettoyer de ses herbes en vue de l’année suivante. Une culture de pommes de terre a été tentée sous ces cartons : des tubercules ont été déposés à distance régulière sous des trous faits dans la couche cartonnée. Ces pommes de terre ont été récoltées à l’automne 2013.

2014

Plantation des légumineuses de l'étage intermédiaire et de l'étage inférieur.

Plantation de l’étage inférieur et des légumineuses de l’étage intermédiaire.

Au printemps 2014, de nouveau au cours d’une formation sur les forêts nourricières, toutes les légumineuses arbustives (de l’étage intermédiaire) ont été rajoutées. En parallèle la partie précédemment cartonnée et paillée (portion B) a été plantée avec des fraisiers et d’autres espèces herbacées. Nous n’avions pas de trèfle à disposition donc avons semé un mélange d’engrais verts (moutarde, phacélie, seigle). Une troisième portion (portion C) a été cartonnée, paillée et ensemencée en pommes de terre.

Plan approximatif des différentes parcelles sur la forêt nourricière.

Plan approximatif des différentes parcelles sur la forêt nourricière.

Les premières fraises sur les plants mis en place en 2014... !

Les premières fraises sur les plants mis en place en 2014… !

A cette période, le trèfle mis en place l’année précédente sur la portion A avait bien prospéré, même si un peu de chiendent avait fait son apparition. Nous l’avons coupé et mis au pied des plantes pour éviter qu’il ne les étouffe et pour leur apporter l’azote dont il était riche. Presque toutes les plantes avaient survécu : certaines s’étaient fortement développées (consoude, chou, fenouil, mélisse, rumex, mauve, guimauve), d’autres avaient stagnées ou s’étaient moins développées (ail des ours, achillée millefeuille, pimprenelle, oignon de catawissa, origan, fraisier, chénopode bon henri), quelques unes seulement avaient disparues (marjolaine et ciboulette). Les indigotiers, coronilles etc. mis en place l’année précédente se sont plus ou moins développés. Un asiminier est mort car sa racine pivotante avait été coupée lors de sa plantation…

Les pommes de terre de la portion C ont été récoltées dès le mois de Juillet 2014 à cause de mildiou venu du potager. La récolte n’a malgré tout pas été trop mauvaise, peut-être parce qu’elles ont été plantées tôt dans la saison.

En août 2014, le chiendent est très présent sur les parcelles A et B. La parcelle C est paillée après récolte des pommes de terre.

En août 2014, le chiendent est présent sur les parcelles A et B. La parcelle C est paillée après récolte des pommes de terre.

2015

Au tout début 2015, le trèfle sur la portion A a complètement disparu et le chiendent s’est fortement développé. Le trèfle a bien joué son rôle puisqu’il a constitué une source de mulch de la parcelle A et a empêché le chiendent de revenir trop vite, laissant le temps à l’étage inférieur de bien s’installer. Le trèfle semé ayant une durée de vie de 2 ans, il est normal de ne plus en trouver aujourd’hui. Nous avons réalisé courant février un désherbage du chiendent et allons devoir cartonner entre les plants de l’étage inférieur qui vont bientôt atteindre leur taille « adulte » et qui commencent pour certains à se propager (menthe, mélisse, fraisier…). Nous pensons attendre encore une année avant de prélever pour la multiplication. L’objectif est à terme d’obtenir un étage inférieur relativement compact qui concurrencera efficacement le chiendent sans intervention conséquente de notre part.

Sur la portion B, beaucoup de chardons ont envahi la zone, probablement à cause du fort tassement qu’il y a eu lors de la mise en place de l’étage inférieur : en temps de formation, tout le monde en même temps sur la zone, et il faut aller vite… le tout sur une terre riche en argile ! Hors les chardons sont particulièrement favorisés par une terre tassée : celle-ci s’acidifiant par le tassement et le manque d’oxygène, le cuivre y devient inaccessible pour les plantes et seul le chardon avec sa racine pivotante et naturellement riche en cuivre permet de décompacter et rééquilibrer le terrain. Grand sauveur donc, mais… on ne veut pas cultiver que du chardon… donc leçon à retenir pour les prochaines sessions ! Nous avons maintenant définit des allées, ce qui devrait aider à limiter le piétinement.

Les baguenaudiers se sont soit très bien plus, soit sont morts. Les coronilles sont celles qui se sont le plus développées avec les indigotiers, qui ont l’air de vraiment se plaire sur le terrain. Les lespedeza poussent à leur rythme. Quant aux asiminiers, ils ont pris racine, et grandiront probablement davantage l’an prochain.

En mars 2015, les parcelles A et C ont été repaillées. La parcelle B est envahie de chiendent entre les fraisiers et oseilles qui y ont été plantés l'an passé.

En mars 2015, les parcelles A et C ont été repaillées. La parcelle B est envahie de chiendent entre les fraisiers et oseilles qui y ont été plantés l’an passé.

La suite de l’aventure dans de prochains articles… ! 🙂

 

En mars 2015, les parcelles A et C ont été repaillées. La parcelle B est envahie de chiendent entre les fraisiers et oseilles qui y ont été plantés l'an passé.

Vue d’ensemble de la forêt nourricière… avec au premier plan, la portion de la forêt nourricière dont l’étage intermédiaire n’a pas encore été planté.